La consommation de tabac est la première cause de décès évitable dans les pays développés. Le tabac est responsable de 3 millions de morts chaque année. Dans le cadre d’un sevrage tabagique, beaucoup de professionnels peuvent aider. Les pharmaciens ont un rôle important dans la mesure où ils sont disponibles la plupart du temps sans rendez-vous.

Il n’existe pas de solutions miracles mais une multitude de prise en charge à adapter à chacun.

Les bénéfices liés à l’arrêt du tabac

Sur le plan cardiovasculaire, il existe un premier bénéfice 20 minutes après la dernière cigarette : la pression et les pulsations cardiaques redeviennent normales. Au bout de 24 heures, le risque de survenue d’un infarctus du myocarde diminue. Au bout de quelques jours, le goût et l’odorat sont peu à peu retrouvés. Sur le plan respiratoire, la toux régresse en deux à trois semaines. Après cinq ans, le risque de cancer du poumon est divisé par deux. Il faut compter dix à quinze ans pour retrouver l’espérance de vie d’un non fumeur. Outre les bénéfices de santé, en arrêtant de fumer 20 cigarettes par jour, on économise au bout d’un an environ 2500 euros.

Les motivations

Pour arrêter de fumer, le plus important est la motivation. Il peut être recommandé de lister ses propres raisons pour arrêter et d’identifier les obstacles qui pourraient empêcher l’arrêt.

Prendre sa décision et préparer l’arrêt du tabac

Apprendre à vivre sans tabac nécessite de changer ses habitudes pour éviter les situations à risque : pause cigarette au travail, soirée entre amis…
On peut choisir une date et en parler à son entourage si on veut être soutenu.
L’arrêt du tabac peut exposer à des difficultés : irritabilité, problème de sommeil, prise de poids… Identifier ces difficultés permet de les anticiper et de trouver des solutions.

Les différentes méthodes pour arrêter le tabac

L’accompagnement par un professionnel de santé augmente les chances de réussite. Un soutien psychologique et une aide sous forme d’entretien motivationnel pour aider à modifier les comportements sont primordiaux. On peut aussi avoir recours à des traitements substituts pour combler le manque de nicotine.

Les substituts nicotiniques

Ils peuvent être remboursés dans la limite de 150 euros par an s’ils sont prescrits par un médecin, un infirmier, un dentiste, un kinésithérapeute ou une sage femme. Ils sont à régler directement à la pharmacie qui transmet la facture à la caisse d’assurance maladie (CPAM) et sont ensuite remboursés dans un second temps.Les substituts nicotiniques existent sous différentes formes :

  • Les patchs à diffusion lente à coller sur la peau, ils apportent une dose constante de nicotine pendant 16 ou 24 heures
  • Les formes orales à action rapide à prendre de manière régulière ou à la demande :
    – Les gommes à sucer lentement et ne pas mâcher comme des chewing-gums
    – Les comprimés et pastilles à sucer ou laisser fondre
    – Les inhalateurs à aspirer
    – Les pulvérisateurs à pulvériser dans la bouche

Les substituts nicotiniques ne sont pas contre indiqués pendant la grossesse.

Les traitements médicamenteux

Ils sont seulement délivrés sur ordonnance d’un médecin. Il en existe actuellement deux : le bupropion (Zyban®) et la varénicline (Champix®). Ils permettent de diminuer les symptômes de manque. Seule la varénicline est remboursée à 65% par l’assurance maladie.

La cigarette électronique ou produits du vapotage

Le fait de vapoter peut permettre de réduire la consommation de tabac avant d’envisager un arrêt total. La cigarette électronique agit sur plusieurs formes de dépendance :

  • La dépendance comportementale ou gestuelle : le fumeur garde le geste de fumer
  • La dépendance physique si les cartouches contiennent de la nicotine. Cette alternative au tabac est nettement moins toxique, il est par contre recommandé d’utiliser des matériels et des liquides répondant aux normes AFNOR. La cigarette électronique n’étant pas un produit de santé, elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale.

Autres pistes d’aide

L’homéopathie peut accompagner un sevrage tabagique. En guise d’exemple :

  • Lobélia inflata 5CH, 5 granules à chaque envie de fumer
  • Nux vomica 9CH, en cas d’irritabilité avec besoin de manger, 5 granules 2 fois par jour
  • Staphysagria 15CH, frustration, 5 granules 2 fois par jour.

D’autres mesures peuvent être envisagées telles qu’un accompagnement par hypnose, sophrologie…

 

Les conseils en plus

  • Se féliciter des efforts produits pour arrêter le tabac
  • Maintenir une activité physique pour occuper l’esprit et pour éviter une prise de poids
  • Boire au minimum 1.5 litre d’eau par jour
  • Garder un rythme de vie saine